La Riviera, une histoire

9 juin 2021

 La Côte d’Azur fait rêver le monde depuis des décennies.

Lorsque l’on remonte aux origines de la région telle que nous la connaissons aujourd’hui et de tout ce qui a pu créer son attractivité, notre première pensée va inéluctablement à l’aristocratie britannique qui fut l’une des premières d’Europe à faire de cette région sa terre de villégiature favorite.

C’est Napoléon qui décida en 1806 de la création d’une route reliant la France à l’Italie en longeant le bord de mer. Cette nouvelle praticité d’accès associée à la douceur du climat allait faire exploser l’attractivité de la région. Nice connut un essor important en ce début de XIXème siècle. La ville devint vite synonyme de luxe, de plaisirs et de fêtes continues. Et à force de voir les élites anglaises aller et venir le long du bord de mer, on en donna même le nom à cette portion de route.

La Promenade des Anglais était née.

Dans les années 1830, Cannes et Monaco suivirent le même essor, puis Menton dès 1870 lorsque le chemin de fer arriva à Nice. L’architecture évolua, les petites maisons colorées sur deux ou trois étages laissèrent peu à peu la place aux grands hôtels de luxe, à ces palaces qui s’alignèrent en centre ville puis très vite sur le bord de mer. Le premier d’entre eux sera le Regina, inauguré à Cimiez en 1898. Il sera bientôt suivi par ce qui constitue aujourd’hui l’un des plus beaux patrimoines immobilier et architectural de la Côte d’Azur : le Negresco, le Westminster, le Carton à Cannes, l’Eden Roc à Antibes, le Grand Hôtel à Saint-Jean Cap Ferrat, l’Hôtel de Paris et l’Hermitage à Monte-Carlo.

Mais parler des origines de la Riviera ne peut se faire sans évoquer ses racines russes. On pourrait penser que les élites russes ont découvert la Riviera dès la fin de l’URSS ce qui est entièrement faux. Dès le milieu du XIXème siècle et la mort du Tsar Nicolas 1er, sa veuve Alexandra Fedoronova gagna la Côte d’Azur, officiellement pour raisons de santé. La Russie cherchait en réalité un accès aux mers chaudes et projetait d’acheter la rade de Villefranche pour la louer ensuite au roi de Sardaigne qui possédait… le comté de Nice ! De nombreux oligarques russes suivirent l’ancienne tsarine et achetèrent de coûteuses propriétés sur la Riviera. La rétrocession de Nice à la France en 1860 n’entama pas l’engouement des Russes pour la Riviera, bien au contraire. A la veille de la première guerre mondiale, 600 des plus belles propriétés de la région appartenaient à des familles russes. Et pour vous convaincre de l’influence de la communauté russe sur la Côte d’Azur dans ses années de début de siècle, il suffit de vous rendre dans la magnifique cathédrale orthodoxe de Nice, inaugurée en 1914. L’église russe, que chaque niçois connaît bien. La première guerre mondiale et la crise de 1929 mirent un frein à ce mouvement. Et la Riviera dut patienter jusqu’aux années 90 pour revoir un tourisme russe digne de ce nom sur ses terres.

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