Villa Nellcote : il y a 55 ans, les Rolling Stones s’installaient sur la Riviera

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En 1971, Keith Richards choisissait une villa légendaire de Villefranche-sur-Mer pour y enregistrer Exile on Main St. Un demi-siècle plus tard, ce chapitre de l’histoire du rock résonne toujours.

C’était il y a 55 ans. Les Rolling Stones décidaient de traverser la Manche et de trouver refuge dans le Sud de la France — fuyant la pression fiscale britannique autant qu’en quête d’un nouveau souffle créatif.

Si Mick Jagger se laissa charmer par les hauteurs du village de Biot, Bill Wyman et Mick Taylor par le Cap d’Antibes et Saint-Paul-de-Vence, Keith Richards jeta lui son dévolu sur l’une des plus légendaires demeures de la Riviera, tout juste rénovée par l’architecte Joseph Karam : la villa Nellcote.

Dominique Tarlé ballustrade Villa Nellcôte, Villefranche sur Mer, 1971
Dominique Tarlé ballustrade Villa Nellcôte, Villefranche sur Mer, 1971

Une villa légende sur la Côte d’Azur

C’est en 1899 que le banquier Eugène Thomas fit construire le château Amicitia à Villefranche-sur-Mer. Dessinée dans un pur style néo-classique, la propriété fut édifiée face à la mer, protégée au sein d’un hectare de végétation luxuriante, juste au-dessus de la rade de Villefranche.

Avec ses quatre mètres de hauteur sous plafond, ses imposantes colonnes de marbre, ses moulures et ses dorures, cette propriété s’impose comme l’une des plus incroyables vitrines de la Belle Époque sur la French Riviera. Et comme pour mieux asseoir sa légende, c’est l’un des rescapés du Titanic, Samuel Goldenberg, qui la rebaptisa Nellcote en hommage à son épouse Nella.

Une localisation exceptionnelle, un intérieur fastueux et un parc gorgé d’essences méditerranéennes : de quoi séduire le guitariste du plus grand groupe de rock du monde. Pourtant, c’est tout autre chose qui décida Keith Richards à s’y installer. La propriété possède une caractéristique peu commune, qui avait déjà séduit la Gestapo sous l’Occupation : un impressionnant réseau souterrain de caves et de tunnels. Le guitariste y vit immédiatement des possibilités acoustiques infinies pour enregistrer le successeur du déjà culte Sticky Fingers.

« Si tu te réveillais fracassé le matin, un tour dans ce château étincelant suffisait à te remettre d’aplomb. »

Keith Richards, Life, autobiographie (2010)

Keith Richards : une saison à Villefranche-sur-Mer

C’est donc dans les souterrains de l’une des plus luxueuses propriétés de la Côte d’Azur que les Stones installèrent tout leur équipement studio, du printemps 1971 jusqu’à l’été 1972. Pendant plus d’une année, la Villa Nellcote vécut au rythme rock’n’roll de ses illustres occupants : soirées dantesques, excès en tout genre, et séances d’enregistrement nocturnes où se croisait la crème du star-système mondial.

Il en sortit le seul double album studio jamais réalisé par le groupe : le génial Exile on Main Street. Un disque décalé, hybride, brut et qui définit parfaitement le son et l’esprit rock, soul et bluesy des Stones de l’époque. Incontournable.

Cinquante-cinq ans après ces sessions mythiques, l’album continue d’influencer des générations de musiciens, et la Villa Nellcote demeure l’un des lieux de pèlerinage les plus courus par les amateurs de rock en voyage sur la Riviera. La propriété, toujours privée, se visite très occasionnellement lors de journées du patrimoine ou d’événements culturels locaux.

Un patrimoine vivant

Aujourd’hui, la Villa Nellcote tient sa place au rang des plus belles villas qui ont fait l’histoire de la Côte d’Azur. Mais plus que d’autres, son nom brille aussi au firmament des grands lieux qui ont contribué à écrire l’histoire du rock. Une lumière façonnée au soleil de la Méditerranée.

— Shine a light, disaient-ils. —

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